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À propos de Apopo

  • Photo du rédacteur: Delphine ET Lucie
    Delphine ET Lucie
  • 30 janv.
  • 6 min de lecture

LUCIE: On est dans les années soixante.  Le Cambodge vit les répercussions de la guerre sévissant au Vietnam.  La tension est palpable, le peuple espère une réorganisation politique. 

 

1975 (mon année de naissance) sera l’année où tout changera pour le peuple. Malheureusement, cette réorganisation ne va pas dans le sens de la liberté et de la croissance culturelle et économique du pays.  Les Khmers rouges, après une victoire militaire, prennent les rennes du pays.   Ils étaient un mouvement à la fois politique et militaire ultranationaliste, mouvement prônant un communisme radical, fondé notamment sur une idéologie agraire. Ils imposent une unification du peuple, le retour au peuple ancien. La première décision politique du nouvel ordre fut d’ébranler la société : déraciner les habitants des villes ; dissoudre des familles, mettre fin aux activités antérieures – professionnelles en particulier ; briser les traditions politiques, intellectuelles, culturelles, affaiblir physiquement et psychologiquement les individus.  Ce que les Khmers rouges appelaient "le peuple nouveau" – par opposition au "peuple ancien" constitué par les paysans – désignait le clergé bouddhiste, les enseignants, les médecins, les infirmières, ingénieurs, artistes et toute personne lettrée en général, incarnant le capitalisme et considérée comme irrécupérable.  Le simple fait de porter des lunettes signifiait pour eux que cet humain était éloigné du peuple ancien, et de ce fait, devait être éliminé.   

 Le retour à la terre est imposé, et tout humain allant dans le sens inverse à cette imposition est assassiné.  La ville de Phnom-Penh est vidée en quelques jours, les familles sont séparées, volontairement, des camps de rééducation sont organisés dans la nature, camps qui sont en fait pour la plupart des terrains de tuerie.  Toutes ces actions sont accomplies par les soldats sous le régime des Khmers rouges, soldats pour la plupart très jeunes et n’ayant aucune éducation.  Ils sont entraînés à croire que ces assassinats sont nécessaires et dignes de la mission qui permet au peuple cambodgien de se nettoyer. Ils sont aussi des victimes du régime.

 

Le Cambodge, outre au moment de cette horrible phase du génocide sous le régime des Khmers rouges, a aussi souffert avant, avec la guerre du Vietnam, et après, avec l’invasion vietnamienne (qui les a aussi en quelque sorte sauvés), et aussi par la guérilla contre la Thaïlande (encore bien active à ce jour….!). Une des résultantes de toutes ces souffrances, encore observées dans le pays à l’heure actuelle, est la présence de mines terrestres et autres restes explosifs de guerre.  Pourquoi ces mines? On utilisait ces explosifs pour empêcher les fuites de civils, protéger les frontières, et sécuriser des camps et zones agricoles forcées.  Malheureusement, ces mines étaient souvent posées sans cartes, sans logique militaire durable.  On ne connaît donc pas où sont spécifiquement toutes ces mines enfouies, et, elles font encore des milliers de victimes.

 

Qu'est-ce qu'une mine antipersonnel?

Une mine terrestre (antipersonnel) est un engin explosif enfoui ou dissimulé dans le sol. Elle est conçue pour cibler spécifiquement les personnes. Son déclenchement s'effectue par divers moyens, le plus souvent par pression, directe ou par un fil, et elle est dite « à déclenchement par la victime » (et non télécommandée).



Ces mines, qui s'activent au contact de leurs victimes, tuent sans distinction. Le territoire cambodgien reste l'un des plus contaminés au monde, et compte plus de 65 000 victimes recensées depuis 1979. La menace des mines antipersonnel entrave également la reprise économique et le développement des zones sinistrées. Les villages sont coupés des ressources essentielles comme l'eau et les voies de communication vitales, et ne peuvent plus cultiver leurs terres fertiles, faire paître leur bétail ou se développer.

 

Le plus triste dans tout ça, c’est que ce sont, à 50% du temps, des enfants qui sont atteints par ces explosions de mines.  Ce sont eux, les enfants, qui courent dans les champs afin de s’amuser.  Et ce sont eux qui perdent une jambe, un bras, un œil, ou pire, qui meurent.

 



Messages pour les grands (les enfants, vous pouvez passer au texte de Delphine, plus bas)

Marcher dans les rues de Phnom-Penh, et du Cambodge en général, m'a fait réfléchir, beaucoup. J'ai baigné dans le grand paradoxe des polarités sociales, aussi. Tant par l'observation d'une reprise économique fulgurante, en apparence -le béton coule à flot ici-, que par l'extrême pauvreté omniprésente, où des familles entières mettent énergie et santé à fouiller les ordures de la ville. Je vous raconterai dans d'autres articles la visite de l'ONG PSE (Pour un Sourire d'Enfant) où j'ai eu le privilège d'offrir mes mains le temps de soins soulageant le corps et, on espère toujours, l'âme de ces enfants avant tant de résilience, et aussi, et ce sera difficile, la visite des Killing Fields, ces champs de la mort de Choeung Ek et aussi la visite du Musée du génocide de Tuol Sleng (S-21). La petite caucasienne nord-américaine de 50 ans que je suis s'est sentie tellement bombardée d'émotions devant ce peuple qui se rebâtit après toutes ces tragédies. Lorsque j'étais bébé, dans mes couches de coton et avec mes biberons de plastique (je sais, aussi stupide que cela puisse paraître, on a dit à ma mère de ne pas m'allaiter car elle avait 40 ans et que son lait était mauvais...!), eux, étaient séparés de leurs parents, ou, pire, étaient tués, leur petit corps fouetté contre un tronc d'arbre. Mettons que ça remet en perspective ma tragédie de ne pas avoir été allaitée...



DELPHINE: Maman vous a donc fait une introduction, pour vous mettre dans le contexte. Me voici donc, Delphine, pour vous parler de quelque chose de beaucoup plus gai, rempli d'espoir, et de vraiment surprenant.

Il existe une solution aux mines antipersonnel!!!!


À propos d'Apopo....

et leurs HeroRATs!!!!!!!!!


The HeroRAT


Siem Reap, ville du Cambodge au nord-ouest de sa capitale, est un endroit extrêmement visité par les touristes, de par la présence des plus beaux et vieux temples de l'empire Khmers, Angor Wat notamment. Dans cette région du pays, un peu plus à l'ouest, le problème des mines antipersonnel est bien présent. C'est dans cette ville que j'ai découvert le centre des visiteurs de l'organisme APOPO.


Personne ne sait où sont les mines. Les gens peuvent utiliser des détecteurs de métal pour les trouver, mais c'est très long et dangereux. Heureusement, il y a ces héros de petits rats qui sauvent la mise!!!


Très légers (1,5kg), ces bêtes ne déclenchent pas les mines en marchant dessus. Leur odorat très développé combiné à leur légèreté leur donne un pouvoir notable par rapport aux détecteurs de métal. Ils sont d'abord entraînés en Tanzanie, en Afrique, et c'est de là que vient le nom de APOPO, pour giant african pouched rats (rats géants d'Afrique). Les rats géants reçoivent leur diplôme et sont ensuite envoyés au Cambodge.


Comment se fait la détection des mines?



Les rats sont attachés avec un harnais et une corde, et deux humains sont aux deux bouts de cette corde. Puis, le rat cherche, avec son odorat. Ce qui est différent du détecteur de métal, c'est que, justement, les rats ne détectent pas le métal mais spécifiquement les explosifs (le TNT), dans les mines. Ils ignorent le métal quoi... donc si une bouteille de métal est enfouie sous le sol, il passera tout droit, contrairement au détecteur de métal qui sonnera, et qui imposera aux humains de creuser, avec un protocole de sécurité qui prend beaucoup de temps et de ressources. Et c'est très dangereux aussi. Le rat sauve donc beaucoup de temps, d'argent et est sécuritaire. D'ailleurs, aucun accident n'a été recensé avec le travail de ces rats.


Le rat trouve rapidement la mine, creuse avec entrain, ce qui indique qu'un explosif est sous ses pattes. Si c'est bel et bien une mine, un des humains appuie sur un cliqueur et donne une récompense au rat (à savoir une banane).


J'ai vu et filmé une démonstration au centre des visiteurs APOPO, que je partage avec vous. Sachez qu'ici, le rat ne faisait qu'une longueur de quelques mètres, mais en réalité, chaque rat parcourt l'équivalent de la longueur d'un terrain de tennis en 30 minutes, alors qu'un détecteur de métal peut prendre 4 jours. En somme, chaque jour, le rat filtre 400 mètres carrés de terrains suspects. Jusqu'à maintenant, les rats de APOPO ont parcourus plus de 5000 parcelles de terrains et éliminés plus de 40 000 mines encore actives et qui auraient pu exploser sous les petits pieds d'enfants, comme moi.

La mine, une fois détectée, se fait exploser de façon sécuritaire et encadrée


Les HeroRATs sont fantastiques, en plus de détecter les mines terrestres, ils font plein d'autres miracles. Il détectent la tuberculose chez les gens atteints, ils peuvent aussi être entraînés à trouver les humains sous les débris lors d'avalanches, tremblements de terre ou bombardements. APOPO oeuvre dans plusieurs pays. Je suis certaine qu'ils feraient aussi de merveilleux animaux de compagnie!!!!


J'ai vraiment aimé ma visite au centre APOPO et j'espère y retourner un jours!





APOPO

ENTRAINE



DES RATS



POUR SAUVER



DES VIES!
























 
 
 

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