Journée de marde
- Mathieu Brossard
- 5 févr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 22 heures
En voyage, depuis notre départ, on a souvent des bonnes journées. Parfois même des journées merveilleuses, comme celles de notre croisière sur le Mékong, notre visite d'Angkor Wat, où encore celle ou on a découvert la baie de Cat Ba, au Vietnam, celle de notre randonnée à Jogasaki Kaigan, au Japon... des journées mémorables qui vont rester avec nous longtemps.
On a aussi tout plein de journées ordinaires. Devoirs, épicerie, lavage, le quotidien en voyage.
Mais ça nous arrive aussi d'avoir des journées de marde. Des journées où rien ne va, tout est compliqué et dont on risque de se souvenir... pour les mauvaises raisons.
Notre dernière journée à Phnom Penh, au Cambodge entre dans cette catégorie. Nos amis Christian et Maryse sont partis à un dîner chez des amis. On leur a fait nos adieux en matinée. On doit donc se préparer à quitter le Cambodge à destination de Kuala Lumpur et la Malaisie.
Ça nous prend un temps fou à finir les bagages... qu'on réussit à fermer de peine et de misère. On commence à avoir accumulé un peu trop de choses, malgré la place extrêmement limitée que nous avions... et ça n'entre tout simplement plus dans les sacs. On y arrive tout de même mais aux prix d'efforts quasi surhumains... les sacs sont sur le point d'exploser. Lucie et moi nous disputons une fois de plus sur ce qui est de trop dans les bagages. Delphine décide de ne pas être en reste et il lui prend aussi l'envie de péter un câble parce qu'elle ne veut pas partir de chez nos amis.... on comprend, on sympathise, mais on a tout de même un avion à prendre. Il est 14h, et on a pas eu le temps de manger si ce n'est que le petit déjeuner.

On est finalement tous prêt, mais ça nous a mis en retard pour le départ. On se dépêche de trouver un taxi pour l'aéroport. Bouchon de circulation, Delphine qui a mal au coeur en voiture... On arrive finalement à l'aéroport gigantesque de Phnom Penh. Je fais la file pendant 30 minutes au mauvais comptoir de notre ligne aérienne... Je change de ligne et on doit attendre encore une heure de plus avant de déposer les bagages. On court des kilomètres, à la sécurité, aux douanes et à l'immigration et on se rend de justesse à notre vol. Cet aéroport est vraiment beaucoup trop grand pour rien!
Il est maintenant 17h30, Lucie et moi n'avons toujours pas mangé et on a pas eu le temps de s'acheter à manger non plus. Dans le vol, on se retrouve avec les places juste devant la sortie d'urgence et nos sièges ne peuvent donc pas s'incliner. Les places sur Air Asia sont déjà très exigües, on est vraiment à l'étroit... et on est toujours affamé. Dès que les portes de l'avion se ferment, un type juste derrière nous se met à ronfler comme je n'avais jamais entendu quelqu'un ronfler. Une tondeuse à gazon géante. Et ce sera comme ça pendant les 2 heures complètes du vol. Ses voisins de siège essaieront de le réveiller à quelques reprises sans succès. Au début, tout le monde autour de nous en rit, mais après 2h, c'est moins drôle. Le service en vol commence finalement et comme on est dans le milieu de l'avion, on se trouve à être les derniers servis. Et rendu à nous, il ne reste plus rien à manger. Même pas de peanuts! Grrrr.
On arrive finalement à Kuala Lumpur. Très gros aéroport, une plaque tournante pour l'Asie. Beaucoup de monde, la cohue un peu partout. On se rend compte, oh joie, que j'ai oublié de remplir la déclaration d'immigration requise pour l'arrivée. On se dépêche pour la remplir en ligne, avec le wifi ultra lent de l'aéroport. Ça nous retarde d'au moins une heure, toujours sans pouvoir manger. On doit ensuite attendre nos bagages pendant une autre grosse heure.

Heureusement le chauffeur qu'on avait réservé (gratuitement!) nous attend toujours. On se rend donc à notre hébergement au centre de Kuala Lumpur sans anicroche. Mais à notre arrivée, à presque 23h, on découvre que l'appartement réservé est dans un très mauvais état. Odeur poignante de moisissure, taches sur les murs... On refuse de le prendre et de peine et de misère on négocie avec les responsables, qui nous offrent un autre appartement, tout de même mieux mais à la propreté néanmoins douteuse. On finira par trouver quelques coquerelles dans l'appartement le lendemain. Avec tout ça, il est presque minuit et on n'a toujours pas mangé.... On dépose donc finalement nos bagages et on ressort explorer les abords de notre appartement. On trouve finalement un petit camion de street food à quelques rues de là qui est encore ouvert. À cette heure là, c'est à peu près notre seule option. On se rabat donc sur un plat de nouilles très moyen qui remplit quand même les bedons et on rentre se coucher.

Heureusement, la suite du séjour à Kuala Lumpur se déroulera beaucoup mieux. Bon, vous nous direz sans doute, avec raison, que des journées de marde en Malaisie c'est tout de même pas si tant pire... Il ne nous ai rien arrivé de grave, seulement une très longue journée remplie de petits désagréments.
Ceci dit, on est tout de même chanceux, les journées de marde aient été plutôt rares depuis le début du voyage. Ça fait partie de l'expérience, des souvenirs qu'on va garder et même si on s'est tous fâché, énervé, chicané plusieurs fois pendant la journée, on est tout de même parvenu, au bout du compte, à en rire.









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