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Good Morning Vietnam, xin chào!

  • Photo du rédacteur: Lucie Carignan
    Lucie Carignan
  • 19 déc. 2025
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 déc. 2025


Avertissement  et confession: 

ce texte ne comporte aucune information

de nature touristique, enfin, pas ces informations attendues d’un endroit visité. 

Cela viendra, je vous en fais la promesse! Notamment d'Hoi An endimanchée à chaque jour de ses lanternes,

Cat Ba la photogénique, les streets food et les succulents plats vietnamiens, les typhons et les inondations récentes.

Trois galeries photos disponibles!



 

Voilà déjà trois semaines que nous sommes au pays du dragon, le Vietnam.

 

Je dois admettre que j’ai été absolument incapable de trouver du temps pour écrire.  Trop occupée à m’adapter, à trouver un rythme, à me connecter à ce peuple fantastique, à m’assurer de la santé physique et psychologique de ma famille, et, plus récemment, ici, à Hoi An, à trouver une maison pour nous accueillir pour le prochain mois, et aussi à créer des liens dans une communauté de familles expatriées, les ‘’worldschoolers’’. 

 

La communauté offre des activités hyper intéressantes, allant de cours de langues, de la création d’objets à partir du carton et de trésors trouvés en bord de mer, d’ateliers de décorations de Noël, de la boxe thaïlandaise au jiu jitsu, des soirées pour pères, pour mères, sans compter les échanges et l’entraide. 


Delphine a la chance de rencontrer des enfants venant de partout dans le monde.  Pas besoin de vous dire que son anglais a fait un bond absolument remarquable… le besoin de communiquer se faisant ressentir, son cerveau a vite ouvert ce tiroir du langage, le réseau des neurones s’est organisé, et boum voilà qu’elle parle maintenant l’anglais suffisamment pour communiquer, rire, converser et se faire comprendre.  Ça me fait halluciner, cette capacité qu’ont les enfants d’apprendre, sans repère, une autre langue, une autre habileté.  Avec sa bonne amie Sofia, du même âge qu’elle, elles peuvent converser, alors que l’anglais n’est pas la langue maternelle des deux amies.  Elles se rejoignent là, et aussi avec les gestes, les intonations, et tout le non-verbal.  Leur intelligence émotive est stimulée au maximum.  Je les trouve tellement belles. 



Delphine est entourée d’amis allemands, finlandais, anglais, américains, canadiens, chiliens, norvégiens, sud-africains, australiens, néo-zélandais.  Kaboum. Tu en voulais de l’ouverture sur le monde, en voici-voilà!!!! Bon…. Cela amène mon prochain sujet :  les avantages de cette communauté ‘’d’expats’’ versus les défis qu’on y est invité à vivre.   On ne se le cachera pas, en Asie, une famille comme la nôtre, est vraiment une famille de touristes, ou d’étranges.  Une vie, en parallèle du peuple qui nous accueille.  Cela m’amène beaucoup, alors beaucoup de réflexions, malaises, et plaisirs à retourner dans des questionnements existentiels.  Je me surprends à ressentir la jeune cégépienne en moi, devant les grandes questions de la vie.  La vieille de 50 ans a du plaisir (et beaucoup d’inconforts) à se buter, à chaque jour, à la réalité des humains, au fait que la vie, ce n’est pas juste, qu’on se fait des grosses bulles de protection pour faire fleurir, on l’espère, le plus beau de nous, et que, en réalité, la bulle n’est qu’illusion.  Et que souvent, cette illusion, elle fonctionne super bien, si on a été performant et efficace, et surtout, chanceux.  Mais la bulle, si et quand le vent passe, elle cède, elle explose.  Et sa disparition invite à se mouiller aux autres réalités auxquelles on n’avait pas accès, dans cette prison-bulle.  Mon Dieu… j’ai l’image d’une Lucie les cheveux aux fesses (oups c’est encore presque le cas), assise devant un feu de camp, avec une guitare, qui se plaît à réinventer le monde, le sourire aux lèvres à l’idée de le découvrir…  


 

J’ai soudainement une douleur vive aux fesses.  Fini les étincelles du feu de camp de l’époque du camp Air-Eau-Bois. Un trou dans la chaussée me ramène ici, au Vietnam, sous la pluie battante, en ce mois de décembre 2025.  En scooter à trois, malgré une vitesse plus que lente (on est vraiment mais vraiment des touristes ici), on vient de se prendre un trou dans la chaussée et j’ai ramassé le contrechoc dans les ischions, ceux-ci étant quotidiennement entre étroite relation avec la roue arrière de la moto.  TA que ça fait mal.  Je le sens jusqu’à la nuque.  Va falloir que je parle à mon ostéopathe, celle que je traîne avec moi en voyage. Le scooter.  Soupir ici.  Lui-aussi, il m’invite à travailler sur moi-même.  Soyons honnête, je n'ai jamais été une bonne co-conductrice/passagère. À la maison, la question ne se pose plus, je conduis, la plupart du temps.  Pour toutes sortes de raisons, outre que je suis vraiment trop stressée et stressante quand je ne conduis pas.  Et, ici, étant donné que trois humains sur une moto, c’est lourd, et que mon 140 livres n’arrive pas à tout tenir, j’ai donc dû céder ma place de conductrice à Mathieu le plus massif du trio.  Resoupir ici.  Pauvre Mathieu.  Il a des marques de mes ongles au plexus solaire, entre sa poitrine et son bedon.  Delphine tripe sa vie en avant, elle se sent aux commandes de la ‘’chose’’.  My God.  Je respire.  Je grince des dents.  Je tente de retourner dans mes pensées, je regarde les autres nous dépasser, parfois des familles de quatre, des bébés en bandouillère, des minis de moins de deux ans debout, le nez dans le spidomètre du scooter, d’autres traînant leur gagne-pain en brouette, comme un restaurant mobile, ou des milliers de bananes et mangues, ou simplement une livraison de laveuse attachée au dos du conducteur.  Ah oui, j’ai vu aujourd’hui un souriant Vietnamien sur son scooter avec sa brouette remplie de ciment mouillé, brouette, tenez-vous bien, fixée au douteux scooter par un essieu soigneusement déposé sous les fesses du travailleur, je le rappelle, au sourire infléchissable, du moins, en apparence.  Outre la violence de mes ongles sur la peau de Mathieu, des soupirs ravalés parfois suivis d’un cri, j’ai souvent besoin d’aller respirer dans les allées boueuses de la ville après ces moments de déplacement.  Une vraie folle.  Reresoupir.  Malgré tout, je dois le mentionner, nous errons ici et cheminons sur la route dans ce qui pourrait être vu comme le chaos, mais, en réalité, c’est tout le contraire.  Tout le monde a une place, tout le monde passe, l’image qui vient en comparaison est celle des grands arbres, où chaque branche a sa place, où chaque arbre laisse une place au soleil pour chacun de ses voisins.  Quand le vent prend, tout bouge, en synchrone, à l’écoute du mouvement global.  Se voir comme un petit morceau d’un grand mouvement global… c’est un peu comme ça que je vois la conduite sur les routes ici.  Aucune violence, voire plutôt le calme, même dans ce qui peut être perçu comme le chaos et les retentissements de klaxons.  Des heures de réflexion en vue pour moi, ce mouvement global, comme le sang dans nos veines….!


 

Et, ce soir, joie, grande joie, je vais mieux dormir.  Un des grands stresseurs de ma vie de ‘’scooteuse’’ est maintenant dilué, voire mis à nul.  On a enfin trouvé un casque digne de ce nom pour Delphine. Un vrai casque, à sa taille.  Ici, le simple fait de mettre de quoi de dur et rond sur la tête est considéré comme un casque.  Que cela tienne ou pas.  De toute façon, beaucoup de gens roulent sans casque. Surtout les enfants.  Bref, mes souvenirs de travail comme physiothérapeute avec des patients ayant subi un traumatisme crânien ne peuvent pas, tout simplement pas, me permettre de laisser ma fille de bientôt 10 ans faire sa capitaine de scooter sans porter un casque qui fait vraiment le travail  de protection. Je ne peux juste pas.  Pas plus papa.  Alors le tour de taxi vers Da Nang, la grande ville à proximité, s’imposait.  Delphine a trouvé un super casque, et en plus, il est beau!  On va pouvoir redonner le dit casque de location au magasin, ce casque qui pouvait tourner sur sa tête aussi bien qu’un 33 tours sur une éloquente table tournante.  


On a aussi trouvé une maison pour se loger, garnie d’une piscine creusée.  Cela n’a pas été de tout repos, les maisons disponibles étant très limitées de par le fait que plusieurs d’entre elles aient été malmenées et inondées récemment.  Quelle tristesse ces inondations. Autour de la maison, des champs et boisés (que je rebaptiserais temporellement ‘’ruisseaux lacs et rivières’’), des serpents, des rats, des grenouilles, des buffles errant sans malice, des poules domestiques sans plumes, et une série de petites demeures où vivent quelques familles nombreuses.  Tout ce beau monde doit vraiment nous trouver étranges… se baigner, en saison de pluie, impossible pour eux.  J’aimerais tellement comprendre leur langue, saisir ces intonations demandant une compétence des cordes vocales que je ne possède évidemment pas.  Il faudrait d’ailleurs que je demande à ma sœur de m’expliquer cette particularité innée ou acquise chez ce peuple.  Hein, Renée? 


 

Bientôt, seront choses du passé la gestion des mites, des moustiques, des rashs de peau à cause du savon à lessive douteux et de Noël en cavale.  On est rendus pas mal bons aussi avec la gestion de l’eau non-potable. Les bouts de ‘’tape athlétique’’ sur les robinets avec la mention NON dessus, ça aura été efficace pour reformater nos habitudes d’occidentaux ayant un accès supposément illimité à l’eau potable.  Je vous dis qu’on la chérit, notre précieuse eau potable.  Ça me ramène, à chaque gorgée et à chaque rinçage de brosse à dents, au puissant rituel sacré de la bénédiction de l’eau des Femmes de certains peuples des Premières Nations.


Le précieux de l'eau, vitale, puis aussi son expression plus qu'intense, envahissante. Dans le ciel, la rencontre des 2 hydrogènes se mariant à son oxygène, H₂O , chaque jour, nous fait son spectacle.


 

Tout se place. On a même trouvé un petit piano électrique pour la chambre de Delphine.  C’est bon signe!  J’espère alors prendre le temps de vous parler de ma perception et mes apprentissages au sujet de l’histoire de ce pays fascinant, de sa culture, des talents incontestables de son peuple, des inondations historiques récentes, de ses réalités politico-économiques et sociales, du moins, de ce que j’en comprends. Un article sur Cat Ba suivra sous peu, superbe endroit au nord du pays où nous avons eu la chance, notamment, de visiter un hôpital de guerre caché dans une immense caverne, là où l’on prenait soin de 400 patients à la fois, là où plusieurs d’entre eux mourraient aussi.  Cela nous a permis de commencer à parler de la guerre du Vietnam avec Delphine.  Avec brio et doigté, Mathieu nous a raconté cette guerre, avec les mots d’un enfant.  Tant de questions qui ont émergé de la bouche de Delphine suite à cette visite.  Je vous en reparlerai. Tant de chose, ce Vietnam.   Mais peu de mots le concernant directement ici dans cet article.  D’abord, arriver, se poser, et honorer sa saison des pluies, celle où la nature parle plus fort que tout.  Pas toujours facile, avec toute cette eau, de garder le feu de camp d’Air-Eau-Bois bien vivant, les Éléments se bousculant, mais montrant, chacun leur tour, toute leur force et intensité.

 

hẹn gặp lại lần sau



 
 
 

3 commentaires


Renée
03 janv.

C’est vraiment chouette de vous lire, chacun de vous apportes une touche qui complète le portrait… ton texte est vraiment super Lucie, c’était facile de me mettre dans ta peau , de ressentir les émotions, de me questionner à mon tour …. c’est assurément un grand voyage intérieur et merci de nous le faire vivre en dépit des kilomètres qui nous séparent!


J’imagine que le vietnamien est une langue à tons … c’est fascinant!

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Invité
29 déc. 2025

C’est vraiment agréable de te lire Lucie. Merci de me faire voyager! Delphine est vraiment chanceuse de vivre cette aventure!

Elisabeth

Modifié
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Geneviève F
21 déc. 2025

Quel merveilleux texte, plein de réflexions, de constatations, de conscience sociale!

On a du plaisir à te lire et on veut te lire une deuxième fois ....

À la prochaine!

Ce soir,de petites lumières blanches clignotent au dessus de votre évier... on pense à vous.

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